1984
Maon
Content d’être vivant, y’a tout qui reste à faire
Y’a beaucoup trop de gens qui sont médisants ou réfractaires
J’me revois à mes dix ans, un gamin les pieds sur terre
Sourire aux lèvres avec tout plein de rêves en tête
J’ai savouré ma vie elle était belle et parfois rude
J’aurais jamais pensé à 33 ans reprendre les études
À vrai dire jadis j’appréhendais le futur
Je crois même avoir été dans un clivage genre no future
Y’a eu des hauts, des bas mais là on va de l’avant
J’me revois avec mon frère chiper l’calendrier de l’Avent
Mon grand-père magique, sincère réconfortant
Jouant l’Papa Noël chaque année, jusqu’à 11 ans
Mais les bonnes âmes s’envolent parfois un peu trop tôt
On n’en prend pas bien soin dans nos vies d’Occidentaux
Dorénavant j’savoure chaque minute dans mon réseau
Et me laisse parfois porter telle une brindille dans un ruisseau
La vie, un long fleuve, toujours emplie d’épreuves
Des rencontres, des surprises tellement belles qu’elles m’émeuvent
Parfois déçu, parfois heureux, faut faire peau neuve
Content d’être vivant à mon soleil je fais honneur
Conscient des enjeux du monde et ses horreurs
À chaque nouvelle journée mon projet c’est que j’améliore
Je mise tout sur l’amour, le respect, mais pas sur l’or
Je dialogue et milite pour pas que tout ne se détériore
Erdal M.C.
À l’autre bout du monde 10 ans après
À la pointe de ce diable bien clément
Ces bruits de vagues sur cette plage d’Uruguay
Soleil et océan droit devant
J’attendais ça depuis si longtemps putain
Être bien et aimé, avec ma bien-aimée
Loin de tout et surtout d’un quotidien
Dystopique, âpre, glauque et formaté
Sur ces rochers, en train d’écrire
Contemple l’horizon, Breakbot dans les oreilles
Sur son hamac, elle, en train de lire…
1984 de Georges Orwell
« Big Brother is watching you »
Une enfance sans visage, un flou sans histoire
Une Police de la Pensée partout
Des milices citoyennes pleines de sales mouchards
Moi Winston Smith le contestataire
Employé modèle au sein de ce ministère
Je n’adhère plus à cette amnésie sélective
Que j’ai pourtant nourrie à coups de manœuvres correctives
Je ne veux plus des : « La guerre c’est la paix » des ménages
« L’ignorance c’est la force »
Je n’en peux plus des « la liberté c’est l’esclavage »
Ce Parti, ce régime, l’Angsoc
Je ne sais plus colmater ces trous de mémoire
Ces théories de circonstance
Ces manigances sur un passé illusoire
Double pensée, trucage et propagande
Avaler et recracher c’est fini
Car je n’ai trop bien saisi que…
Le crime de penser n’entraîne pas la mort
Le crime de penser c’est la mort !!!
La fille du hamac là, c’est ma Julia
Que je crus partisane de ce système
Cette nana-là, même, qui me glissa qu’elle m’aima
Lors des Deux Minutes de la Haine
Dieu que j’aime clandestinement la revoir
Dans cette mansarde du quartier des prolétaires
Lire Goldstein jusqu’à tard le soir
Et lui faire tendrement des becs sur les paupières
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Love in vain
Erdal M.C.
Love in vain, love in pain
Asservissement oblige, tailladés par des chaînes
Esclavage et soumission, les forces du mal se déchaînent
Maon
Love in vain, love in pain
Asservissement oblige, tailladés par des chaînes
Esclavage et soumission, les forces du mal se déchaînent
Erdal M.C.
Une grosse envie de fuite, trop peur d’un père et de ses cuites
Trop peur d’une vie aux repères tristes, nourrie de mélodies maudites
Cotton picker, je me rêve aux côtés de Charley Patton
Arpenter les juke joints, imiter le blues de Charlie Brown
Maon
Une grosse envie de fuite, trop peur d’un père et de ses cuites
Mon pote a pris sa gratte et moi j’ai bossé la rhétorique
J’voulais une vie d’artiste, parler de ce qui m’attriste
J’avais des idées bien plus noires qu’un vieux grillot de l’Afrique
Erdal M.C.
L’amour un jour, toujours… la mort en joue
Le pénitent que je suis, ma foi, en devient fou
Alors je chante mes viscères, je panse mon cœur
Je pleure femme et enfant, cette âme que je n’ai plus d’ailleurs…
Maon
Né dans une colonie, dans le delta du Mississipi
Esclave, fils d’esclave, subissant leur infamie
J’aime le gospel, la guitare mais pas la traite
J’manie la pelle et ça m’insupporte la manière dont on nous maltraite
Erdal M.C.
Hazelhurst, à la recherche d’une identité
A défaut d’y croiser Noah, j’y rencontre Ike
Mes mains deviennent de véritables araignées
Une dextérité hors-norme et une amitié : Johnny Shines
Maon
De la musique en guise de thérapie
Afin de s’évader sans croire aux utopies
Entre congénères, tentant d’apaiser les maux des tortionnaires
On fait du passe-passe, questions-réponses mais parfois des impasses
Erdal M.C.
Sur ces routes sombres, à mes soirs d’errance
Je préfère les Railroad Gangs, à outrance
J’écoute jouer le Diable avec lequel je pactise
Je m’attire les foudres de tous ces putains de rats d’églises
Maon
On chantera quelques temps avec mes frères de chaînes
Empruntant des voix graves, nous rassemblant sous de grands chênes
Usant de non-violence même si nos maîtres enseignent la haine
Beaucoup par l’alcool seront détruits pour éponger leurs peines
Erdal M.C.
Brebis égarée, l’estomac noué, je reprends la route
Mon sac plein de doutes, vers le Sud, terre de destin
Converser avec Satan, espérer faillites absoutes
Bouteilles sur les arbres pour capturer les esprits malins
Maon
Et lors d’un soir d’hiver, mon chemin croise celui d’un frère
Noah Johnson avec sa gratte et son chant salutaire
Il est plus âgé, il m’enseigne et me conseille
Et peu avant ma mort il sera le créateur d’une petite merveille
Erdal M.C.
Love in vain, love in pain
De tous ces vieux démons l’âme en peine
Maon
Love in vain, love in pain
Ces vieux démons l’âme en peine
Maon & Erdal M.C.
LOVE IN VAIN, LOVE IN PAIN !
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Ground Zero
Erdal M.C.
Des sons en cascade, je m’évade
Par saccades, je porte l’estocade
Cette balade, une rocade…
Une embuscade, de la frime, une franche rigolade
Une cargaison étanche aux jérémiades fades
Brigade de rimes anti-brimade
Cohorte de vocables affables
Une promenade, une boutade, une sérénade !
Un nouveau morceau, allez… Ground Zero !
Un bureau, une page blanche, un stylo
Un tempo, un hochement, une crise d’ego
Au gré de sentiments, de maux et d’idéaux
Toutes ces ratures… relire ! Réécrire !
Se maudire ! Souffrir ! Médire !
Proscrire ! Haïr ! Se pourrir !
Se dire que son texte ne veut plus rien dire ! Et puis… les frissons, l’inspiration !
Une lumière en forme d’expiation
À la limite de l’exaltation
Je vois cette feuille se noircir à foison…
... je laisse glisser ma plume sans réfléchir
Un premier jet pur, sans coup férir !
Maon
Des flows de mots, des récits, des mémos
Introspections, des styles, des maux
Des flows de mots, sur ce son Ground Zero
Calembours et articulations de palabres
Phrasés et ressentis semblant valables
Des rimes variées loin d’être affables
Des rythmes calés tant bien que mal
Et ce vieux tempo enivrant, entraînant
Thème et musicalité loin d’être badants
Princip Aktif, un projet d’disque
Notre musique, cet art, un projectile
Avec phrasés et rimes on tente le mille
D’humeur positive et loin d’être hostiles
Phrasés populaires, pas de Mini Austin
Erdal et Maon au mic on garde notre style
Et ouais… on garde notre style
Erdal M.C.
Confrérie de contrepèteries
Propos modelés à l’envie
Décor choisi aux accords bien fournis
Embellie sans alibi, folklore fleuri
Armada de vers d’ores et déjà conquise
À l’idée de défiler pour un crayon de génie
Coup de mine précis, coup de gomme de folie
Coups de gueule nourris de traits d’esprit…
Des sons en cascade, je m’évade
Par saccades, je porte l’estocade
Cette balade, une rocade…
Une embuscade, une frime, de la franche rigolade
Une cargaison étanche aux jérémiades fades
Brigade de rimes anti-brimade
Une cohorte de vocables affables
Une promenade, une boutade, une sérénade !
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Trop, mais...
Erdal M.C.
Trop timide, freiné, trop lucide, cadré
Trop peur du bide, émotif blasé, prude aux bras croisés
Trop de temps passé à gamberger, passé à ressasser
Passé à refouler trop de merdes, de contraintes et contrariétés
Trop de toi, de moi, trop d’ébats, de maux d’estomac
Trop de soupirs, de hauts, de bas, de rires, de pleurs, de souvenirs
Trop d’insomnies, de nuits sans fin, les yeux ouverts
À compter des moutons à ne savoir plus qu’en faire !
À gigoter, se retourner, à l’endroit, à l’envers
Penser à demain et se dire que ce sera l’enfer !
Et puis tous ce flux de médias, trop de bla bla, d’images pâles
De raccourcis, d’amalgames tant rances que sales
Trop de stress, sms, messages frénétiques
Whatsapps non suivis, de week-ends déjà pris… aaah !
Trop de tout, beaucoup trop de tous ces trucs technologiques
Dont pourtant je me nourris et ne me dissocie…
Maon
Trop de stimuli pour le cerveau, beaucoup trop noyés par les infos
Surconnectés, trop fatigués, morts étouffés par ces réseaux
Trop, beaucoup trop de scandales internationaux
La France-Afrique, les Big Pharmas et des visions arriérés de colons
Trop… d’individualités laissées en marge et sur le côté
D’autres, cherchent le chiffre et les transactions surcotées
Trop… d’inconfort, polarisation, haine réciproque
Pas sûr qu’il fasse tant bon vivre à notre époque
Trop de questionnements, de doutes et de non-sens
Trop de nouveaux milliardaires et de pollution en abondance
Trop… de travailleurs en situation plus que précaire
Sacrifices ancillaires sur l’autel du capital austère
Encore… trop de pain et de jeux à mon sens pour que ça dérape
Une pensée pour Muchach, il aura tout donné au rap !
Trop… de choses à faire pour provoquer le moindre changement
C’est sûr que c’est plus viable si l’on reste bloqué dans l’ignorance…
Erdal M.C.
Trop fatigué, les traits tirés, j’ai trop tiré…
Sur cette corde, trop poussé, et ce propre en ordre !
Ai-je trop aimé ou peut-être ai-je été trop confiant ?
Et en même temps sincèrement on s’en fout royalement
Ce n’est normalement jamais trop n’est-ce pas quand on aime non ?
Et voilà poindre au loin ce trop-plein d’émotions
Et me voilà à geindre, à jeun, à froid
À me voir… tout simplement moins beau sans toi
Et crois-moi, j’en souffre à en perdre la raison !
À en perdre mes repères tout en voulant tenir bon ! Aaaaaah ! Que c’est déchirant !
Que c’est dur d’avoir cru en « nous » !
Complice union jusque dans nos noms
Cru en ce « nous » à présent qui n’existe plus
Ou du moins dorénavant qui existera moins
Puisse-t-il nous survivre néanmoins
Car j’ai bien envie que… tout ce chagrin n’ait été en vain… !
Maon
Trop d’enjeux, de visions, et tous ces camps qui se seront formés
Trop d’amour propre, d’engagement et d’convictions pour m’y conformer
À d’autres, moi j’crois bien qu’les rêves utopiques peuvent tout changer
Et je doute fort qu’un passe sanitaire discriminatoire puisse tout régler
Un grand débat d’idées interminable et infondé
Pendant qu’à Rotterdam ça tire et tue un émeutier
Mais bon, n’ayez crainte le brave policier sera disculpé !
Trop de conneries, de bêtises et une perte d’humanité
Trop d’enfants en Occident, littéralement muselés
Belles dentitions et beaux sourires planqués sous des grands masques FP
Une masse qui perd son temps sur des fils d’actus ou la télé
Trop de migrants qui miroitent la manche et rêvent sa traversée
Plus vraiment d’espoir, alors des vies finissent coulées
Trop de numérique et QR codes, des humains robotisés
Mais pas grave, y’aura alcool ou drogues pour oublier
Une drôle d’époque, j’crois que c’est un peu rude de s’enjailler…
Maon
On avance sans peur mais parfois pris de stupeur
Le contexte propose de mauvaises senteurs, ça me donne des hauts le cœur
J’suis partagé entre l’envie de militer et d’avancer et mon désir de voyager et m’éclipser
J’veux pas vivre dans la crainte ou dans la peur, j’me libère l’esprit
Avec mes textes de petit rappeur
Ce vieux rythme d’horreur, climat de soumission, ambiance austère
Trouve l’outil libérateur qui leur fera peur
Viens qu’on gueule fort, dans notre microphone
Des textes dénonçant agissements xénophobes ou homophobes
Tentative lyricale d’une création de contre-pouvoir
T’as rien à perdre alors vas y viens qu’on essaie pour voir
Un long chemin se dessine
J’sais pas à quoi j’me destine
Mais pas forcément à un succès d’estime
Desstres ma team, avec Erdal en featuring…
On avance sans peur sans se perdre dans les abîmes…
Erdal M.C.
On absorbe quantité d’images perverses
De stories instagramesques aux contenus indigestes
Ivresse d’un superflu aux multiples promesses
Une facette enchanteresse d’une détresse funeste
On swipe, on scroll, on mate, on zappe
On met des étoiles, des cœurs et autres affres
On se berce de ce flux d’illusions botoxées
Celles même sur lesquelles certains n’ont de cesse de fantasmer
On entend des discours de gala
Des moi ci, des moi ça, j’ai fait ci et je vous promets que je vais faire ça
Des professions de soi, des professions de foi
Des professions d’effroi, effrayantes et froides
Évadés fiscaux, fils d’un capitalisme sale
Rendez les fonds aux collectivités locales !
À quel moment est-ce sain… ?
Qu’un individu ait autant de thunes que le PIB du Bénin !
Maon
À l’heure où ils envoient milles satellites dans l’espace
Reprenons nos terrains, nos places et puis nos espaces
On rêve d’endroit en friche pour des vies alternatives
La société du pognon et du spectacle, on s’en fiche !
Erdal M.C.
Avancer sans peur, avancer ensemble
Faire atout de toutes nos différences
Avancer solidairement, équitablement
Briser cette spirale abyssale de complaisance
Maon
Éteins ta télé, t’as perdu trop de temps !
Ils te font vivre dans la peur et te plongent dans une phobie montante
Sors et observe activistes et militants !
Ils n’ont pas peur, et ils avancent constamment !
Erdal M.C.
On sera toujours plus fort ensemble !
À converser, échanger, essayer de se comprendre
À quand plus d’efforts ensemble ?!
Plus de sourires et bien moins de condescendance !
Maon
Actions collectives, soulèvements et mouvements grévistes
Une résistance s’anime pour entraver la dérive
La vie est belle, mais pour certains elle s’abîme
Soyons solidaires et pas seulement dans nos rimes !
Erdal M.C.
On sera toujours plus belles et beaux, ensemble !
Même si le doute parfois abîmera notre espérance
À quand plus d’inclusion, de tolérance ?
Ensemble ! Pour un peu moins d’indifférence !
Maon
Agis et suit tes rêves pour qu’un changement s’opère !
Et aussi pour éviter qu’à l’avenir on se perde
C’est sans peur, qu’il faudrait penser l’avenir, déconstruire, remodeler…
Selon moi le meilleur reste à suivre !
Erdal M.C.
On aura toujours une longueur d’avance ensemble !
Même si par moment, peut-être, ça partira dans tous les sens
Et à quand une prise de conscience éthique… ?!
Ensemble pour plus d’utilité publique !
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Songeur
Erdal M.C.
Habité d’une même humeur lorsque je sors mon stylo plume
Je me lance dans un tourment mental proche de l’amertume
Un dimanche maussade, d’un gris propice à la réflexion
Apport efficace à l’élaboration de mon argumentation
Je me retrouve une nouvelle fois à l’épreuve de mes sentiments
Accoudé à ce bureau rayé, le regard transparent
Je me retrouve esseulé à méditer sur certaines de mes pulsions
Ce silence comme support à l’évacuation de ces frustrations
Les jours se succèdent et je change quotidiennement
Affecté par ce que je crois, ce que je vois, et ce que j’entends
Et je ne crois plus en rien, je ne crois ni en moi ni en autrui
Niant cependant allier mes propos à une forme d’hypocrisie
Et je sens mon cœur se noyer tasse de sang après tasse de sang
Le goût salé d’une désillusion chronique s’y diluant progressivement
Je me referme sur moi de manière forcément volontaire
Fatigué d’avoir à justifier chaque trait de mon caractère…
Le ciel s’ouvre comme un livre jauni par le poids de son contenu
Ses nuages, pages d’un langage flou et superflu
Je crains les regards, je crains les gestes et codes qui me sont inconnus
Persécuté par le souci de me retrouver mis à nu
Je ne comprends guère les raisons de cette marginalité
De cette tendance à m’isoler, à m’évader, à divaguer
Se refuser à divulguer ces vulgaires vagues d’anxiété
Qui finalement engloutissent quelque part ma spontanéité
Je réalise que je rate tant, que je rate même peut être trop
Que chacun de mes choix est en somme un regret qui me ferait défaut
Je semble avoir perdu la clé d’une certaine forme de sérénité
Clé d’une porte close dont la serrure resterait rouillée
Et reste à savoir comment je puis la retrouver
N’ayant même plus la moindre idée de l’endroit où j’eus pu l’égarer
Alors j’aspire volontiers à ce que mon cœur guide mon esprit
L’évasion nourrir certains de mes jours les plus maudits
Je me demande si je suis à même d’affronter mes peurs
Pallier mes leurres, pallier mes tares, ou tôt ou tard pallier mes pleurs
Je me demande si je suis à même de livrer mes craintes
Concentré de cris, de larmes et de rictus en demi-teinte
Je me demande si je suis à même d’épurer mes pensées
Mon cœur et mon corps à 2 doigts de tout rejeter
Je me demande si ces rimes ne sont qu’un morceau choisi
Une prise de conscience dont certains peineraient à donner crédit…
Maon
Posé, pépère toujours devant le microphone
Fallait qu’j’m’exprime un max avant de devenir aphone
J’contemple ma ville, Genève, et puis sa faune
Et j’rigole quand j’vois des banquiers qui stressent et qui s’affolent
Ici on paie des sommes folles pour emprunter les TPG
Mais on aurait la gratuité si les Genevois savaient voter
Les gens sont passifs, nombrilistes et peu révoltés
Ils laissent passer des lois fascistes qu’on ne pourra pas révoquer
Nos murs sont lavés, blanchis, comme la thune à vrai dire
Nos jeunes ont passé le cap de consommer de la verdure
On érige des murs, des tôles, des geôles, on ajoute des flics
Genève champion dans les écoutes téléphoniques
J’taffe la rhétorique, pour le fond par pour l’comique
J’suis saoulé par les pubs dans les bus et dans ma street
Pendant que les procureurs face aux squatteurs deviennent stricts
Les gens font les esclaves, travaillent trop et deviennent tristes
Erdal M.C.
e me laisse bercer par une sorte de chagrin sous-jacent
Tristesse qui nourrit mon âme que bien trop souvent
Sorte de mélancolie régulatrice de mes sentiments
Me poussant facilement dans mes derniers retranchements
J’ai l’impression que le temps est ingrédient de mes tourments
Qu’il détruit mon identité par la constance de son mouvement
Qu’il est certainement le facteur qui m’est le plus influent
Fragilisant un tempérament déjà tellement lancinant
Et je protège ce qu’il me reste pour ne point sombrer
Songeur sur ces émotions que je ne veux plus partager !
J’ignore comment défier ces flots d’angoisse réguliers
Songeur sur ma déception et cet air si blasé
Je lutte afin que mes rêves ne me plongent dans l’oubli
Afin qu’ils me libèrent de cette profonde inertie
Je lutte afin qu’ils donnent à mes nuits un peu plus de poésie
A la quête de cet amour curateur de pensées meurtries…
Et je lutte… et je lutte !
Et je lutte !
Maon & Erdal
On laisse passer des lois fascistes qu’on ne pourra plus révoquer !
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